Notre monsieur dindon, partit faire des affaires Laissa en la basse cour, sa dinde solitaire C'était en vérité une dinde premier choix Appétissante et tendre, label rouge de surcroît Aussi un caneton resté célibataire Se mis en quatre pour elle afin que de lui plaire Lui faisant gentillesses, et aussi mille cadeaux Cherchant à la séduire, tournant autour du pot La dinde lui dit bien qu'elle était déjà prise Mais il était pugnace et ne lâcha pas prise Elle promenait partout ses airs supérieurs De toute le basse cour, elle se croyait meilleure Mais bien loin d'arrêter le petit caneton C'était plutôt pour lui une stimulation La remettre à sa place en la faisant couiner Enlève de la superbe, même aux plus distinguées Redoublant ses attaques, pour séduire la donzelle Ce fut vers la Noël, qu'il put fourrer la belle Et pendant qu'il uvrait, à faire crier l'oiselle Dans un p'tit cabanon, aménagée pour elle Voilà que la serrure se mit à cliqueter C'était Monsieur Dindon revenant du marché Ayant fini plus tôt, il rentrait de bonne heure Faire surprise à sa dinde en lui amenant des fleurs Ils n'eurent que le temps de se lisser les plumes N'ayant pas terminé, étaient plein d'amertume Mais n'auraient pu finir devant monsieur dindon Tous les gallinacés sont pas aveugles et cons Il trouva que sa dinde, avait fort bonne mine Avec son rouge au joues limite aubergine Et que le caneton avait l'air transpirant Celui ci répondit qu'il se sentait souffrant Mais ce monsieur dindon n'était pas soupçonneux Ou bien ne croyait pas ce que voyait ses yeux Il prit donc cette histoire pour argent comptant Notre petit canard souffla de contentement Une dinde pour Noël, ce fût un beau cadeau Et il se promit de revenir bientôt Terminer cette dinde qu'il avait entamé Les bonnes occasions, mieux vaut pas les manquer.
Quand jai dit au docteur, que jétais fatiguiste Il a levé les yeux, et ma dit dun air triste « Prenez donc ces cachets, et puis ça va passer » Javais dit fatiguiste, jai pas dit fatigué Quand jai dit au boucher ce que jétais vraiment Il a pris son couteau et puis tout en tranchant Il ma dit, « cest normal, avec ces vaches folles Moi-même, je prends chaque jour un tube de Démérol » Même le marchand de journaux, avec qui je discute Ma dit « Camarade, il faut continuer la lutte Rejoint nous et ensemble allons main dans le main Libérons nous des jougs pour de beaux lendemains » Et chez la boulangère, parlant de mon état Une ménagère ma dit, « Eh bien, cest tout comme moi ! Il faut que je vous parle de mon opération On ma oté le foie, et mon triple menton » Mais chez la pharmacienne, je nen ai pas parlé Car quand je vais la voir, cest juste pour la mater Dans la pièce du fond, contre les étagères Pas le temps de discuter, dire dans quel état jerre Le temps nous est compté, pour lui parler affaire Pendant que son mari, range les somnifères Quand jai dit au banquier, que jétais fatiguiste Il ma dit quil avait été un peu gauchiste Mais quen prenant de lâge, ça lui avait passé « Revnons à nos moutons, je vous ai convoqué Car il faudrait combler ce découvert bientôt Un compte ça doit pas être toujours au dsous dzéro ! » En désespoir de cause jen ai parlé au psy Elle ma dit quelle aussi, parfois la vie lennuie « Mais parlez moi plutôt un peu de votre enfance La fatigue vous vient-elle de votre adolescence ? » Comme personne nécoutait, je me suis mis à écrire Les conneries en vers, quvous êtes en train de lire.